Zimbabwe : Actes de violence en période préélectorale
30/11/2011

En amont des élections prévues en 2012 au Zimbabwe, les détracteurs et les adversaires du régime de Robert Mugabe sont sans cesse victimes d’exactions, comme des observateurs de cercles religieux l’ont rapporté à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique « L’Aide à
l’Église en Détresse ». On harcèlerait des prêtres actifs dans la commission religieuse pour la justice et la paix. Ceux qui s’expriment sur des sujets politiques seraient arrêtés ou, dans le cas d’étrangers, expulsés du pays.
Des adolescents seraient formés de manière ciblée à user de la violence. Des groupes de casseurs seraient envoyés dans les quartiers résidentiels pour y vérifier si les habitants détiennent une carte du parti au pouvoir ZANU (Union nationale africaine du Zimbabwe – Front politique). Ceux qui n’auraient pas cette carte seraient passés à tabac et leur maison serait incendiée. Ceux qui seraient formellement membres du parti seraient obligés d’assister aux meetings politiques, à défaut de quoi ils se feraient également rouer de coups.
Le gouvernement continuerait de tenter à détruire la morale de la jeunesse dans des camps d’entraînement. Là, on « distribuerait massivement des préservatifs et de la bière ». On
pourrait alors « tout faire avec ces adolescents et leur inculquer la violence, le vol et d’autres crimes ». Des policiers essaieraient de soûler les jeunes filles. Celles-ci contracteraient le SIDA et tomberaient enceintes sans savoir qui est le père de leur enfant. Par le biais d’activités pastorales ciblées, l’Église tenterait de protéger les adolescents de la destruction morale.
La situation au Zimbabwe aurait certes largement disparu des médias internationaux, mais il ne régnerait toujours par de « démocratie » dans le pays. On peut espérer que cette fois, les élections prévues se passent mieux que par le passé. Lors du dernier scrutin, « il y aurait eu un maximum de fraudes électorales ». « Si les élections de l’année prochaine ne se déroulaient pas en toute liberté et équité, une révolution » ne serait pas « exclue ». Dans la population, beaucoup de gens « seraient également prêts à faire ce qui s’est passé en Afrique du Nord ». Toutefois, de nombreux hommes et femmes auraient d’ailleurs peur d’exercer leur droit de vote parce qu’ils craindraient les actes de violence.
Eva-Maria Kolmann