Syrie : le custode franciscain contre une intervention militaire

05/04/2012

« Je suis contre les interventions étrangères. Nous avons bien vu ce qui s’est passé en Irak ou120405 syrie_pizzaballa.jpg en Afghanistan. » C’est par ces mots que, lors d’un entretien avec « L’Aide à l’Église en Détresse », le franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte, s’est prononcé contre une intervention par la force de la communauté internationale en Syrie. La « Custodie de Terre Sainte », nom donné à la province franciscaine du Proche-Orient, englobe depuis le XVIe siècle l’Égypte, la Syrie, le Liban, l’actuelle Jordanie, Chypre et Rhodes. En Syrie, l’ordre entretient plusieurs institutions caritatives, notamment à Damas, à Alep ou à Lattaquié.

« Il serait certainement bon que l’Occident exerce une pression au niveau diplomatique et politique, mais évite tout usage de la violence militaire », a souligné Pizzaballa. Comme il le rappelle, la Syrie se trouve dans une sorte de guerre civile. Les chrétiens sont pris entre deux fronts : celui du gouvernement, auquel ils ont toujours apporté leur soutien, et celui d’une opposition fragmentée, dont on ne sait toujours pas exactement de qui il s’agit. « Les chrétiens redoutent une situation à l’irakienne. » D’un autre côté, la diversité ethnique et religieuse du pays a marqué les mentalités – au moins jusqu’à à présent. De plus, 120405 syrie_assad.jpgce ne sont pas les chrétiens qui sont la cible de l’opposition. C’est contre le gouvernement que celle-ci est dirigée.

Lorsqu’on lui demande s’il estime que la politique prônée par les dirigeants religieux syriens – une politique qui privilégie le maintien du statu quo – est la bonne solution, Pizzaballa répond : « Je comprends très bien cette position, car elle a fait ses preuves. Mais elle n’a pas d’avenir. Car – qu’on le veuille ou pas – le régime n’a pas d’avenir. Mais il est bien évident que l’on a peur de ce qui va se passer une fois qu’il aura disparu. » Le patriarche melkite Grégoire III Laham, par exemple, a plaidé en faveur d’une deuxième chance à accorder à Assad.
 

rocession à Jérusalem avec le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, le père Pizzaballa et l'évêque Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo.