23/10/2009
Un évêque du Soudan craint que la guerre civile éclate à nouveau. Il nous rapporte les tensions sous-jacentes à la perspective d'un référendum sur la séparation du nord (musulmans) et du sud (chrétiens) du pays.
Entre guerre et paix
Mgr Macram Gassis, évêque d’El Obeid, une ville qui se trouve au pied des Monts Nuba, explique à l’Aide à l’Église en Détresse qu’ « un seul coup de feu peut tout f
aire exploser la poudrière. Et alors il nous faudra retourner dans la savane pour nous cacher ». D’après lui, de nouveaux rapports font état d’un réarmement progressif des forces en présences, aussi bien l’armée gouvernementale que les rebelles de l’Armée Populaire de Libération du Soudan. Mgr. Gassis continue: « Je vois que les combats se préparent et que les armes réapparaissent. Ce ne sont pas des signes de paix. Je crains que quelque chose se prépare ». Les Monts Nuba, d’où l’armée régulière s’était retirée, est redevenue zone militaire.
En vue des élections de 2010 et du référendum de 2011, une recension de la population a été planifiée. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. « Comment voulez-vous que les élections se passent correctement quand vous n’avez pas une information précise quant au nombre de votants ? », se demande l’évêque.
Dans l’interview réalisée auprès d’Aide à l’Église en Détresse, l’évêque d’El Obeid relate les sentiments partagés par une grande partie de la population dans la région: « Nous ne voulons plus jamais rien avoir à faire avec le nord du Soudan ». Ils craignent notamment de ne pas recevoir leur juste dû lié à l’extraction du pétrole. « Ce sont les plus faibles de la société qui seront premières victimes, si un nouveau conflit devait éclater : les personnes âgées, les enfants et les femmes », remarque Mgr Gassis.
Enfants de Dieu
L’évêque décrit sa propre expérience au cours de frappes aériennes pendant la guerre civile: « Vous êtes complètement à la merci de l'avion au dessus de vous. Vous pouvez seulement vous aplatir comme une crêpe et espérer que la bombe tombera ailleurs. Personne ne peut vous aider ».
« Nous remercions Dieu que le conflit se soit enfin arrêté, mais dans notre esprit demeure une question : est-ce que 2011 apportera enfin la paix ? » Et il ajoute : « Nous sommes dans les mains de Dieu. Nous lui demandons de nous épargner une autre guerre. Les armes ne seront jamais une solution. Alors nous prions sans relâche. Nous restons dans les mains de Dieu. Nous sommes tous des enfants de Dieu ».

Une clinique construite par l’évêché d’El Obeid
L’évêque a remercié l’Aide à l’Église en Détresse pour son aide au Soudan. Il a mentionné, entre autres, le soutien aux écoles, l’aide aux monastères et à la construction de presbytères. « Merci aux bienfaiteurs de l’Aide à l’Église en Détresse. Dites-leur bien qu’eux aussi font partie de notre Église. Nous sommes sur la bonne voie, main dans la main, pour apporter un message de paix, de justice et d’amour ».
John Pontifex – ACN UK
