De retour d’Haïti: l’AED soutient notamment les médias

07/05/2010


Uma.jpgNotre directrice de l’AED en Belgique, Mme Uma Wijnants (photo), est rentrée dimanche d’Haïti. Elle nous parle de ce qu’elle y a vu, des émotions suscitées, de la douleur qu’elle a pu appréhender à travers les yeux de ceux et celles qu’elle y a rencontré.
« Quinze jours à Haïti, c’est très long et très éprouvant », nous confie-t-elle.

A Port-au-Prince en particulier. La ville est en effet complètement ravagée et les immeubles en bétons ont fait place aux gravats. Des camps de tentes ont fleuri çà et là et semblent s’étendre à l’infini. L’accès à l’eau, à la nourriture, à l’électricité, à l’hygiène – tout est un problème. Et si de nombreuses associations sont sur place, tout reste en l’état. La reconstruction tarde à se mettre en branle. Les gens ont peur du béton. Mgr Auza lui-même, le Nonce Apostolique d’Haïti, préfère dormir sous tente dans le jardin de la Nonciature, où d’ailleurs de nombreuses autres tentes ont fleuri.

Mgr Auza remercie l’AED pour son aide efficace. Il souligne le souci de l’œuvre à aider pour des projets à Port-au-Prince mais aussi, à la différence des autres organisations, ailleurs dans le pays. Mgr Kébreau lui-même avait dit lors de sa venue en Allemagne en mars dernier que l’AED avait été la première organisation à réagir concrètement à l’appel de l’Église d’Haïti. Or, il est important que celle-ci soit soutenue car c’est vers elle que ce sont tournés les gens en premier, implorant de l’aide. Les attentes de la population et des fidèles demeurent importantes. Ces personnes souffrent et remettent leur sort entre les mains du Seigneur. Ils sont anéantis, paralysés par la peur. Et quand ils veulent prendre leur propre sort en main, ils se rendent vite compte que la situation actuelle ne leur permet rien : il n’y pas d’accès à la nourriture, pas d’accès au travail. Les institutions sont bloquées. C’est l’état de guerre, sans que ce soit la guerre. Voilà pourquoi des milliers de personnes ont quitté la capitale pour rejoindre d’autres régions dans l’espoir d’une vie meilleure. Les prêtres font ce qu’ils peuvent pour qu’ils soient accueillis dans les meilleures conditions.

Mgr Lafontant nous avait affirmé dans une récente interview que le rôle des médias catholiques était important. Il avait permis aux évêques, prêtres et séminaristes de se relayer pour expliquer que la situation n’était pas une punition divine, mais que cela pouvait s’expliquer scientifiquement. Cela avait permis de faire taire les voix qui s’élevaient pour parler de l’inexistence de Dieu ou pour parler d’un Dieu méchant et vengeur. C’est pourquoi la dernière étape de notre directrice à Port-au-Prince fut sa visite de la célèbre « Radio Soleil ». Elle a pu rencontrer les responsables de la station catholique, dont le 100507BPierreBelanger SJ 2.jpgPère Pierre Bélanger SJ (photo), un jésuite canadien qui fait bénéficier la radio de son expertise dans le paysage médiatique.

Le soutien aux médias et l’une des huit priorités dans la sélection des projets supportés par l’AED. Le soutien à « Radio Soleil » est encore à l’étude, mais il est possible qu’une aide financière soit apportée pour la reconstruction des studios détruits par le tremblement de terre.

Nous comptons sur votre aide pour soutenir la reconstruction d’Haïti dans une perspective à long terme. C’est pourquoi nous sollicitons à nouveau votre générosité en ce mois de mai. Une nouvelle campagne est lancée cette semaine et verra son apothéose avec la visite de Mgr Louis Kébreau, archevêque de Cap-Haïtien début juin. Nous vous invitons à le rencontrer personnellement lors de la conférence qu’il donnera en nos locaux pour témoigner de la situation actuelle à Haïti.

LC

Haïticampagne 2010 (2).jpgAidez pour la reconstruction de l'Église d'Haïti!

 

 

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Journaliste de la station catholique "Radio Soleil" à Haïti