Prêtre au 21è siècle: « Se conformer au Christ »

17/03/2010

 

L’Église catholique célèbre encore, jusqu’en juin 2010, l’année sacerdotale. Cela doit contribuer à renforcer, dans le monde entier l’identité du prêtre, sa mission parmi les fidèles, ainsi que parmi les non-croyants. Aide à l’Église en Détresse y voit également l’une de ses tâches les plus importantes.

Le père Werenfried van Straaten, fondateur de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et lui-même prêtre, a, comme aucun autre, partagé les soucis de ses confrères et s’est engagé en leur faveur. Quel que soit l’endroit où ils vivaient et les circonstances de leur vie, il souhaitait les assister dans leur détresse matérielle et spirituelle afin de les renforcer dans leur vocation. Depuis sa création en 1947, l’AED a soutenu des centaines de milliers de prêtres et de séminaristes.

À travers cette année consacrée au sacerdoce, l’Église veut encourager les prêtres afin qu’ils continuent à prendre le chemin de l’imitation de Jésus-Christ, avec beaucoup d’autres; c’est une aventure qui vaut la peine, mais qui est parfois difficile, et qui jusqu’à la mort, peut tout exiger de ceux qui suivent cet appel. Le Pape Benoît XVI l’a réaffirmé lors de l’ouverture de l’année: « Je pense à tous les prêtres qui, avec humilité, font connaître jour après jour aux fidèles chrétiens et au monde entier les paroles et les actes du Christ, en tentant de se conformer à Lui par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et tout leur style de vie. »

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Plus de 400 000 prêtres catholiques sont actuellement à l’œuvre dans le monde entier. Dans leur service, il n’est pas rare qu’ils soient opprimés par l’incrédulité et le rejet qu’ils vivent dans leur société. Par contre, pour certains, ce sera la persécution : parce que chrétiens, ils sont emprisonnés, torturés et marchent dans les pas du Christ jusqu’à la mort. D’autres vivront une grande pauvreté et la détresse intérieure. Il y a encore ceux qui sont assaillis par une trop grande abondance, le matérialisme ou le découragement. Enfin, certains perdent la flamme de la vocation qu’ils ont un jour ressentie, sans en mesurer toutes les conséquences pour les communautés qu’ils sont appelés à accompagner comme des pasteurs. « Il y a malheureusement aussi des situations que l’on ne pourra jamais suffisamment déplorer, dans lesquelles c’est l’Église elle-même qui souffre, et ce, à cause de la déloyauté de quelques-uns de ses serviteurs », a déjà indiqué Benoît XVI. « Le monde y trouve alors une cause de scandale et de rejet. »

Les séminaristes et les prêtres ont besoin d’une formation solide, laquelle s’avère également un temps d’épreuve. Sur un budget total de 120 millions de dollars en 2008, l’AED a dépensé 13,7 pour cent dans le monde entier pour la formation théologique. En 2008, 273 prêtres et 21 séminaristes, ainsi que 145 religieuses et 24 laïcs ont été soutenus grâce à une bourse d’apprentissage ou de formation continue. À cela s’ajoutent des dizaines de milliers de prêtres et de religieux sur tous les continents, sauf en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, qui ont reçu une aide à la subsistance. On ne tient pas compte ici des projets ayant pour but la promotion directe ou indirecte d’initiatives pastorales, des projets pour la catéchèse ou l’acquisition de moyens de transport.

L’histoire de Ragheed Aziz Ganni

Dans les pays en développement ou en situation de crise, il n’est pas rare de trouver des hommes qui ressentent la vocation presbytérale et souhaitent la suivre, mais qui ne disposent pas des moyens pour financer l’indispensable formation. Par exemple, Ragheed Aziz Ganni, qui est né en 1972 à Mossoul, en Irak. Ce jeune Irakien a obtenu un diplôme d’ingénieur à l’université de sa ville natale au début des années 90. C’est alors qu’il s’est décidé à devenir prêtre. 

En tant que séminariste de l’Église chaldéenne catholique, Ragheed Aziz Ganni est allé étudier en 1996 à Rome. Il a été ordonné prêtre cinq ans plus tard. Pour achever sa formation, qui avait été financée par l’AED, il est resté deux autres années à Rome.

Il est retourné en 2003 dans sa patrie. Au cours des années suivantes, la situation des chrétiens d’Irak s’est dramatiquement aggravée en raison de l’intervention militaire des États-Unis. Les militants musulmans ont choisi d’utiliser la terreur à l’égard des personnes d’autres religions. À partir de 2007, Ragheed Aziz Ganni a lui aussi été menacé, son église paroissiale a été mitraillée. En quelques semaines, les extrémistes ont fait exploser des bombes dans sept voitures pour chasser de Mossoul les chrétiens.

Ragheed a décidé de rester et a justifié sa décision par ces mots : « Je suis certain que l’Esprit-Saint finira par éclairer les gens afin qu’ils s’engagent pour le bien, dans ce monde où se produit tant de mal. » Quelques mois plus tard, le jeune prêtre a été tué par balle avec trois diacres. Cela s’est produit le dimanche après la Pentecôte, directement après la célébration de l’Eucharistie, devant les yeux des fidèles.

Spencer Crewe.JPGUn autre exemple : Spencer Crewe (sur la photo à gauche), du Zimbabwe, âgé de 62 ans, veuf et père de deux fils adultes, est rentré en 2008 au collège pontifical « Beda » à Rome. Le séminaire existe depuis 1852 et s’adresse aux candidats anglophones âgés de plus de 30 ans. Spencer Crewe, qui travaillait en tant qu’enseignant, est catholique depuis 1961. L’AED finance sa formation depuis 2008. Interrogé sur l’âge des candidats à la prêtrise du collège Beda, son recteur, Mgr Roderick Strange, nous expliquait en juin 2009 : « Il y a des jeunes gens qui sont fixés beaucoup trop tôt, et des hommes plus âgés dont le comportement est marqué par une grande ouverture, et dont les cœurs sont prêts pour de nouvelles aventures. » Leur vocation à la prêtrise est un cadeau, parce qu’elle n’a pas été méritée et est donnée de plein gré.

© AED


 

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Le Père Ragheed en compagnie du Père Werenfried (© AED)