Affirmation d’un évêque libérien : « Le procès et le jugement de Charles Taylor constituent un signal fort »
30/04/2012 Un signal fort
« C’est un signal fort, et pas seulement pour le Liberia. » C’est en ces termes que Mgr Andrew
Karnley, évêque de Cape Palmas, au sud-est du Liberia, a salué le verdict imminent du tribunal spécial des Nations Unies à La Haye, aux Pays-Bas. Depuis 2006, l’ancien président libérien Charles Taylor doit répondre devant cette cour internationale de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Charles Taylor avait gouverné ce pays d’Afrique de l’Ouest de 1997 à 2003. Il est accusé de crimes perpétrés en Sierra Leone, pays voisin du Liberia. Lors d’une entrevue avec l’œuvre internationale de bienfaisance catholique « L’Aide à l’Église en détresse », Mgr Karnley a souligné, quelques heures avant la proclamation du verdict à La Haye : « Ce qui est important, c’est que Charles Taylor doive rendre des comptes. Il doit être confronté au droit. C’est un signal clair : quel que soit le responsable, il doit répondre de ses actes. »
Signes d'espoir
Selon Mgr Karnley, tous les diocèses libériens avaient énormément souffert durant la guerre civile sous la présidence de Charles Taylor. Des prêtres auraient été assassinés, l’infrastructure de l’Église largement détruite, de nombreux religieux auraient quitté le pays. Entre-temps, grâce à l’aide extérieure, on serait parvenu à réédifier des églises, des couvents ou des séminaires dans les trois évêchés du Liberia, l’archidiocèse de Monrovia ainsi que les diocèses de Cape Palmas et Gbarnga. « Il y a de forts signes d’espoir au Liberia, et pourtant, il reste encore tant à faire », poursuit Mgr. Karnley.
Notre voix serait écoutée
La voix de l’Église catholique serait écoutée dans le pays parce qu’elle se serait opposée à la violence et à la terreur à l’époque de la guerre civile. Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et Prix Nobel de la paix 2011, avait honoré l’engagement de l’ancien archevêque de Monrovia, Mgr Michael Francis, et l’aurait appelé « la conscience du pays ». L’Église est symbole d’un processus de réconciliation, de justice et de cohabitation pacifique. Par ailleurs, elle apporterait une contribution importante à l’éducation et à la formation. Actuellement, le Liberia compte 50 établissements scolaires catholiques.
Mgr Andrew Karnley, évêque de Cape Palmas, au sud-est du Liberia