Un évêque ivoirien nous décrit sa nouvelle approche d'évangélisation

14/04/2010

 

L’Aide à l’Église en Détresse apporte son appui à l'initiative inhabituelle d'un évêque pour attirer les jeunes africains vers l'Église. Le medium ? Un instrument de musique peu connu, des noix de coco et des bœufs…

Quand Mgr Antoine Koné, évêque en Côte d’Ivoire, a reçu une parcelle de 150 ares de terre, il a immédiatement considéré cela comme une occasion en or pour promouvoir l'évangélisation - surtout chez les jeunes - dans un vaste diocèse qui compte seulement 2.500 catholiques. Dans sa jeunesse, l’évêque avait réussi à toucher les jeunes en jouant de la musique liturgique sur un balafon, un instrument semblable au xylophone et typique de cette région de l'Afrique de l'Ouest. Dans son église d’Odienné, depuis qu’il apprend aux jeunes à en jouer, la fréquentation a fortement augmenté. Mgr Antoine Kone -
balafon.JPGLes fidèles, une poignée seulement autrefois, sont aujourd’hui 700 à se réunir chaque dimanche. Fort de son succès, l’évêque souhaite à présent créer de l’emploi pour ces jeunes, mécontents car sans travail et inactifs, dans une région où le taux de chômage est élevé et où la pauvreté gagne tous les jours du terrain. Son projet est de développer une plantation de cocotiers et d’acheter des bœufs pour cultiver la terre plus efficacement.

Ce projet a été exposé aux collaborateurs de l’AED qui se sont rendus en Côte d’Ivoire le mois dernier. La Côte d’Ivoire compte 20 millions d’habitants, dont 25% sont catholiques. L’Évangélisation doit encore faire du chemin. C’est ainsi que la responsable de l’AED pour l’Afrique francophone, Christine du Coudray Wiehe, souligne les besoins de ce diocèse en charge d’une zone de première évangélisation : « Il est évident que l’AED ne peut aider tout le monde ; mais nous devons faire plus pour ces gens qui n’ont pas de travail – les jeunes en particulier. Lorsqu’ils quittent l’école, la question demeure : « Que vont-ils faire ? ». L’AED n’est pas un organisme de bienfaisance dont l’objectif prioritaire est de soutenir des projets mettant au travail des laïcs, sauf dans des circonstances extrêmes, comme c’est le cas ici ». Elle souligne aussi la gravité du déclin social et économique de la Côte d’Ivoire depuis 2000, lorsque la violence a éclaté en laissant le pays divisé entre les zones rebelles dans le nord et le sud, contrôlé par le gouvernement. Elle déclare: « J'ai découvert une Eglise qui souffre d'un profond sentiment d'abandon, une sorte de frustration née de l'isolement du monde extérieur.
Les évêques et les fidèles ne savent pas vers qui se tourner. »

oxes.JPGPendant le séjour de l’AED dans neuf des quinze diocèses du pays, les évêques ont souligné la nécessité des programmes de catéchèse ; des projets de soutien au mouvement d’action pro-vie et d’origine ougandaise Youth Alive sont en cours. Ces programmes visent en particulier la prévention du sida, organisent des clubs de jeunes et favorisent les initiatives de lutte contre la drogue, l'abus d'alcool et la prostitution.

L’AED s'est aussi engagée à aider les séminaristes du pays. Christine du Coudray Wiehe a pointé par exemple l’état des bâtiments qui les abritent : « très pauvres, vétustes, à cause d’un entretien peu suivi pendant de nombreuses années. » Elle a par ailleurs remarqué que les étudiants n'avaient pas l’essentiel en matière de livres dans la bibliothèque, que les chambrées étaient très vieilles et qu’ils souffraient d’un accès en eau potable et en électricité réduit. En plus de fournir des intentions de messe au séminaire, l’Aide à l’Église en Détresse s’est engagée à soutenir la formation continue des enseignants et autres formateurs.

Pour finir, en fonction des besoins prioritaires du pays, l’AED se penchera dans les semaines à venir sur les modalités d'une subvention pour le projet de plantation de cocotiers.

 

Par John Pontifex
 

 

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Un jeune cocotier.