Une manifestation de chrétiens tourne au drame

10/10/2011

 

111010 Eg kopten kruis.jpgUne marche pacifique de coptes s’est transformée en cauchemar, faisant 24 morts et 200 blessés au Caire, le 9 octobre. Un couvre-feu a dû être décrété dans le centre de la capitale égyptienne. Ces affrontements représentent les violences les plus meurtrières depuis le renversement du président Moubarak en février dernier.
« La nation est en danger suite à ces évènements », a dit le premier ministre Essam Charaf dans un discours retransmis à la télévision. « Ces évènements nous ont ramenés en arrière (…) au lieu d’aller de l’avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines », estime-t-il.
Les coptes connaissent en Egypte des conditions de vie qu’ils estiment discriminatoires, en regard des conditions partagées par les musulmans.

Le père Rafic Greiche, porte-parole de l'Eglise catholique en Egypte, a accusé la police et l'armée d'être responsables de la mort de 25 personnes dont au moins 17 coptes agés de moins de trente ans, qui manifestaient pour protester contre l'incendie d'une de leurs églises (voir matinale d'hier): "L'armée et la police ont attaqué les coptes. Ce n'est plus un problème chrétiens-musulmans désormais. Les gens - pas seulement les chrétiens mais aussi beaucoup de musulmans - ont peur pour l'avenir de notre pays". Le père Greiche a également accusé le gouvernement d'être "complice" des incendies d'églises, et de soutenir tacitement les attaques des islamistes. "Depuis la chute de Moubarak, les fondamentalistes donnent de la voix très fortement dans le pays, et le gouvernement laisse faire". Une messe a été célébrée par le pape copte Chenouda III à la cathédrale du Caire, où la communauté chrétienne a dit adieu aux défunts, sous un impressionnant dispositif de sécurité. A l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment, la foule scandait des slogans contre le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la chute de Moubarak, contre son président appelé à démissionner.

Le Vatican, par la voix du cardinal Leonardo Sandri, a de même réagi en dénonçant la "violence insensée" contre les coptes. De son côté le gouvernement a observé une minute de silence avant ses travaux hier, et l'armée a promis une commission d'enquête.

cathobel.be - AED - Le Vif

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Rafic Greiche, porte-parole de l'Eglise catholique égyptienne (c) l'Eglise Saint Cyrille