24/08/2010
Les efforts de l’Église dans le nord de l’Inde constituent la clé pour aider les dalits convertis au Christianisme à échapper au piège de la pauvreté. Le Père Varghese Vithayathil, le Supérieur Provincial de la Congrégation des Carmes de Marie-Immaculée (CMI), a expliqué l’importance de l’éducation dans le diocèse de Bijnor et des alentours, dans le nord de l’Inde, lors d’une interview accordée à l’Aide à l’Église en Détresse.
Il n’y avait pas de chrétiens à Bijnor jusqu’à ce que trois prêtres de la CMI y posent leurs valises en 1972. Le Père Vithayathil, diplômé du master en théologie de la KUL en 1992, estime qu’il y a à présent plus de 36.000 fidèles chrétiens dans le diocèse, pour environ 70 prêtres, sans compter ceux qui œuvrent dans les provinces périphériques.
La plupart des convertis sont des dalits, la caste la plus basse de la société indienne et que l’on connaît mieux sous son nom historique d’« intouchables ». Le Père Vithayathil nous dit : « Le message de Jésus est directement adressé à eux [les dalits] : paix, pardon, amour – sont des mots qui les attirent davantage vers le Christ que les castes de classe plus élevée. » Il décrit ensuite que le travail de développement auprès les dalits est l’une de leurs priorités, le gouvernement n’aidant pas beaucoup ceux-ci : « Notre tâche est de les instruire quant à leurs droits et de les aider à se développer – l’éducation est une chose cruciale en ce sens. Nous avons beaucoup d’écoles, car sans elles il n’y a pas de développement possible. Par ailleurs, ces écoles sont vitales pour le travail catéchétique et l’évangélisation. Là, nous pouvons facilement communiquer le message de Jésus, un message de paix et d’harmonie. »
Pour le moment, il y a quatre écoles catholiques couvrant les premières années de secondaire (Medium-school). Deux dispensent leurs cours en Hindi et deux en anglais. Mais les parents privilégient de plus en plus l’apprentissage en anglais, remarque le Père Vithayathil : « 12-13 ans, c’est l’âge où l’on s’approprie le monde des ordinateurs et internet est perçu comme quelque chose d’important – sans l’anglais, pas de futur, c’est pourquoi cette langue est devenue très importante à leurs yeux. » Sur l’ensemble de Bijnor et ses provinces, on compte 22 écoles pour environ 36.000 enfants. Pour 17 en anglais, il n’y en a que 5 en Hindi.

Célébration festive le 27 juin dernier dans la paroisse de la cathédral St Joseph de Kotdwar, diocèse de Bijnor
L’Église a un impact toujours croissant dans la région, où la population ne compte que 40% d’alphabétisme. Un chiffre qui a pourtant augmenté de 8 à 10% depuis que l’Église a construit ses premiers établissements scolaires. La difficulté d’accès à la scolarisation demeure pourtant, en particulier dans les zones rurales – les gens veulent envoyer leurs enfants à l’école mais sont contraints de les faire travailler dans les champs pour subvenir aux besoins de la famille. La volonté du Père Vithayathil est de lancer de nouvelles écoles dans ces zones éloignées des centres urbains. Il a besoin d’argent et de personnel qualifié pour parvenir à ses fins.
En guise de conclusion, le Père Vithayathil nous explique comment le fondateur de la CMI, le Père Kuriakose Elias Chavara, a insisté auprès de ses prêtres sur l’importance d’avoir des écoles liées à leurs paroisses : « Sans écoles, il n’y a pas de paroisse ! ».
La Congrégation des Carmes de Marie-Immaculée est issue de l’ancienne église Syro-Malabar et porte des traces qui remontent à l’Apôtre Thomas. Ce fut la première congrégation religieuse catholique en Inde. Aide à l’Église en Détresse aide la CMI dans le diocèse de Bijnor dans son travail pour l’éducation en accordant des intentions de messe aux prêtres de l’ordre.
Par John Newton

