27/05/2009
D’après les informations collectées par Aide à l’Église en Détresse sur le terrain, l’Église de Bolivie est menacée par des groupes proches du gouvernement et par leurs partisans. D’après les indications faites par le responsable de la section latino-américaine auprès de l’Aide à l’Église en Détresse, l’Église de Bolivie commencerait à devenir « une Église persécutée, une Église souffrante, en grande détresse ». Par exemple, il rapporte qu’il y a quelques jours une chapelle ainsi que d’autres bâtiments de la paroisse locale ont été détruits avec violence dans la ville de Villa Ingenio (diocèse d’El Alto) et que ces événements ne seraient pas des cas isolés.
Selon les indications rapportées, des membres de la « junta de Vecinos », un groupe de la région, avaient occupé la chapelle de Villa Ingenio et obligé le prêtre, Hilarion Perez, à signer une autorisation écrite de démolition. Les malfaiteurs auraient vivement intimidé le prêtre pour qu’il signe. Ils l’auraient menacé de faire sauter les bâtiments à la dynamite s’il ne signait pas immédiatement. Sous la pression et pour ne pas mettre en péril la sécurité de ses paroissiens, le Père Perez aurait signé le document. Peu de temps après, des représentants des autorités communales auraient commencé à détruire la chapelle à l’aide de machines puissantes. Dans la foulée, les bâtiments paroissiaux limitrophes qui avaient été construits entre 1986 et 1988 à l’aide de dons allemands ont été détruits. Comme justification officielle à cette destruction, le président de la municipalité, Rolando Aruquipa, a déclaré vouloir construire à cet emplacement une unité de soins médicaux. D’après Javier Legorreta, une telle installation existerait déjà non loin de la chapelle en morceaux…
L'évêque du diocèse d’El Alto, Jesus Juarez, a dit à propos des événements que l’Église n’était pas contre un centre de santé, mais qu’Elle n’était pas d’accord avec les méthodes utilisées lors de la destruction de la chapelle. Ce traitement a été la cause de douleurs profondes dans la paroisse catholique. L’évêque Juarez a ajouté qu’il demandait aux autorités locales et nationales de garantir la sécurité des croyants ainsi que de protéger les installations de l’Église catholique. Ces dernières procuraient un service social et missionnaire important. La protection et la sécurité des églises sont compatibles avec le droit à la liberté de culte, tel qu’il est défini dans la constitution bolivienne, a affirmé Juarez.
À propos de la situation générale en Bolivie le responsable a déclaré observer que l’Église s’efforçait de créer un climat de dialogue et de paix. Mais les signes d’hostilité de la part du gouvernement deviendraient de plus en plus forts. Ainsi, dans son discours lors du forum social mondial au Brésil en janvier, le Président bolivien, Evo Morales, aurait reproché à l’Église catholique d’être un « ennemi de la paix ».
Le Président Morales aurait alors réclamé pour son pays « une autre foi, une autre religion et une autre Église ». Le Président aurait clairement dit que l’Église catholique était son plus grand adversaire pour la réforme du pays, et littéralement proclamé : « Nous devons la remplacer ! » Cette exigence n’est pas en mesure de contribuer à la paix dans un pays à majorité catholique, a déclaré Legorreta. Il regrette que la situation de la liberté d’opinion et de religion s’aggrave de plus en plus en Bolivie, de la même façon qu’au Venezuela. Une des grandes priorités de l’Aide à l’Église en Détresse dans la région est maintenant d’aider les églises locales à garantir par devant notaire leurs possessions foncières, afin qu’elles disposent d’un appui juridique. C’est particulièrement important pour toutes les possessions de l’Église reçues « de la main à la main » ; Elle est maintenant menacée d’expropriation arbitraire à de nombreux endroits.
Pour consulter l'article du quotidien bolivien El Diario en espagnol, cliquez ici.
